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Les gens qui veulent toujours enseigner, empêchent beaucoup d’apprendre”
Charles de MONTESQUIEU
La loi de refondation de l’Ecole de la République a fortement mobilisé les mouvements pédagogiques et les associations complémentaires de l’enseignement public en France. Contribuant dès 2012 aux travaux qui ont précédé la promulgation de la loi de refondation, ils ont porté des enjeux politiques mais aussi pédagogiques considérant que la mise en œuvre de nouvelles orientations, de nouvelles façons de faire (modification des rythmes ; Projet éducatif territorial ; évolution de la formation initiale et continue des enseignants ; réforme du collège ; …) impliquait nécessairement une réflexion sur les conditions d’apprentissage.
En France et plus largement dans le monde, les différentes formes d’éducation formelle et non formelle concourent, nous le savons, aux objectifs décrits ci-dessus. Accompagner la complémentarité entre tous les espaces éducatifs est un enjeu majeur. Ce processus invite aussi à repenser l’éducation dans une approche globale, tout au long de la vie, dans une perspective de transformation des pratiques éducatives vectrice de participation et d’émancipation individuelle et collective.
La question de la pédagogie est donc aujourd’hui au centre de ces enjeux.
Différentes approches de la pédagogie existent, mais toutes ne se valent pas. Nos associations se réfèrent, au-delà de leurs différences, à un socle commun, qu’on appelle toujours l’Education nouvelle, même si elle a une longue histoire.
Origines et jalons historiques
Le mouvement de l’Education Nouvelle naît aux alentours de 1900. Les premières écoles actives naissent en Angleterre et c’est d’un groupe d’amis de l’Education Nouvelle créé à Londres en 1915 que l’idée vient d’organiser un congrès international, en 1921 à Calais, qui établit les principes et les buts d’une Ligue internationale pour l’Education Nouvelle (LIEN) préservant l’identité pédagogique propre à chaque pays. Issu de la Ligue Internationale de l’Education nouvelle, le G.F.E.N. a été créé en 1922 à l’initiative de savants et d’éducateurs qui, au sortir de la première guerre mondiale, ont ressenti l’urgence de lutter contre l’acceptation fataliste par les hommes, de la guerre comme solution au règlement de conflits.
L’un de ses principes fondateurs était : “L’éducation nouvelle prépare, chez l’enfant non seulement le futur citoyen capable de remplir ses devoirs envers ses proches et l’humanité dans son ensemble, mais aussi l’être humain conscient de sa dignité d’homme”.
L’Education Nouvelle, dès le début de ce siècle et surtout après 1945, s’est appuyée sur la connaissance scientifique de l’enfance et de l’enfant, et que les thèses psychologiques de PIAGET et de WALLON ont été choisies par les tenants de l’Education Nouvelle comme faisant partie des fondements mêmes de l’éducation, mettant en avant la valeur de l’enfance, l’activité et la notion de milieu.
De nombreux éducateurs ont nourri leur recherche de la pensée de précurseurs universels tels que Rousseau, Pestalozzi, Jacotot. Montessori en Italie, Decroly en Belgique mais aussi Makarenko (Russie), Korczak (Pologne), Bakulé (Tchécoslovaquie), Freire (Brésil), Ferrière et Cousinet (Suisse) montrent le cosmopolitisme du mouvement.
Freinet se lance dans le mouvement d’éducation nouvelle dès les années 1920, crée sa propre école, puis se sépare du GFEN en 1946 et crée l’institut coopératif de l’école moderne en 1947. En parallèle la revue des Cahiers pédagogiques est fondée à la suite des « classes nouvelles » de la libération (1945-1952). D’autres écoles nouvelles sont créées à la même période dont la Nouvelle École de Boulogne, expérimentation confiée par le ministère de l’Éducation nationale aux CEMEA. L’association prend le nom de Centre d’entraînement aux méthodes de pédagogie active en 1943.
Etabli à partir de textes d’Odette Bassis et Francine Best
Dans le contexte actuel, le projet pédagogique de l’Education Nouvelle est aussi un projet politique qui trouve plus que jamais sa pertinence pour inventer des réponses adaptées aux besoins des publics les plus divers, pour donner plus de sens aux apprentissages scolaires ou informels. Agir, ici et ailleurs, en France, en Europe et dans le monde, la transformation sociale par l’Education Nouvelle reste donc un projet ambitieux, captivant, mobilisateur !
Face à la montée d’idéologies de l’exclusion et de fermeture aux autres, face aux dangers de marchandisation de l’éducation, luttant pour promouvoir les valeurs de laïcité, de démocratie et pour la défense des droits humains, nos mouvements ont un message fort à affirmer , mais aussi des débats à impulser alors même que se développent des discours pauvres et démagogiques sur ces sujets. Notre objectif est bien d’être en prise avec notre temps, en luttant contre tous les retours en arrière qui nous menacent, mais aussi contre « le meilleur des mondes » que nous propose une certaine conception ultra-libérale du monde. Et pour cela, il faut bien mettre la pédagogie au cœur de la réflexion.
Mettre l’éducation active, la pédagogie, au cœur d’un espace collectif de réflexion, de partage d’expériences et d’échanges, telles sont donc les ambitions de cette biennale de l’Education Nouvelle.
Cette première biennale répond à trois intentions :
Partager les fondamentaux de l’Education Nouvelle. Cette conception singulière de l’éducation fait partie du patrimoine de plusieurs pays. C’est également celui des organisations à l’origine de cette biennale. Chacune d’entre elles a construit son identité à partir de valeurs partagées. Leurs chemins, leurs projets, leurs choix en matière d’action se sont diversifiés. Elles se réfèrent pourtant au même socle de valeurs. Il nous paraît indispensable de retourner vers notre histoire, de partager ces racines communes et de mesurer ensemble l’incroyable modernité de nos projets.
Partager nos pratiques. Nous ne sommes pas spectateurs inactifs des évolutions du monde. Nous agissons dans ces environnements, nous y conduisons des actions conçues du point de vue de leur rapport à l’Education Nouvelle et aux projets qui sont les nôtres pour qu’elles deviennent de véritables leviers de développement. Il nous paraît indispensable d’identifier ces actions, de partager ces pratiques pédagogiques originales inventées par des équipes de militantes et de militants sur les territoires. Ces pratiques sont variées et témoignent d’une certaine inventivité, d’une certaine créativité dont nous avons bien besoin. S’il est nécessaire de les mutualiser, il faut aussi les questionner : contribuent-elles bien à l’atteinte de nos objectifs, et en particulier la démocratisation du savoir, la formation réelle du citoyen ?
Pour nous, pas d’action sans réflexion, mais une réflexion qui s’appuie sur l’action !
Débattre ensemble. Il est toujours des sujets d’actualité, des enjeux politiques et éducatifs sur lesquels nous réfléchissons au sein de nos organisations respectives. Nous proposons de mettre dans le débat organisé de cette biennale des réflexions, des propositions, des questions que nous avons rarement l’opportunité de débattre ensemble.
Donc, débattre est absolument indispensable. Trop souvent, des pratiques coexistent sans suffisamment d’échanges entre elles, sans que l’on creuse éventuellement des possibles divergences, ou du moins des approches différentes. Cela implique des dispositifs de discussion afin que l’on puisse à la fois respecter les points de vue autres, mais aussi aller au-delà de consensus superficiels.
Voilà donc les trois axes sur lesquels nous avons décidé de construire cette première biennale. Ils sont constitutifs d’une organisation qui donnera également toute sa place aux rencontres, aux échanges, aux temps du vivre ensemble, dans un environnement stimulant (expositions, espaces de débats organisés, soirée culturelle, etc…).
Rapport du Rapporteur spécial du droit à l’éducation:
UNESCO: Institut international de planification de l’éducation
Right to Education Project
Global Initiative on Economic, Social and Cultural Rights (GI-ESCR):
1) Une méthodologie pratique pour faire face aux effets négatifs de l’implication d’acteurs privés sur le droit à ’éducation: http://bit.ly/1Ud4YT8
2) Comment utiliser les mecanismes des droits de l’homme: http://bit.ly/1TPC4Oy
3) Étude de cas: Les rapports parallèles pour faire face à la privatisation de l’éducation: http://bit.ly/1TWXF5L
Internationale de l’Éducation
IRIS Observatoire des Questions Humanitaires
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants
À travers ce plaidoyer, nombreux partenaires ont voulu assurer une mobilisation collective contre un phénomène grandissant qui impacte tous les secteurs de l’éducation, formelle et non formelle. Cet appel a pour vocation d’alerter les acteurs de la société civile et politique, de les sensibiliser aux dangers inhérents au processus de marchandisation de l’éducation, qui crée de l’injustice sociale et met en péril l’avenir de nos sociétés. http://bit.ly/1ZcVtr0. Pour signer, veuillez cliquer sur ce lien: http://goo.gl/forms/ESJwKYbWqpaBaIQG2.
Réuni à Ottawa, au Canada, du 22 au 26 juillet 2015, Internationale de l’Education, la fédération mondiale de syndicats d’enseignants représentant 30 millions d’enseignant(e)s et autres personnels de l’éducation autour du monde, on rediger une résolutions sur la privatisation et commercialisation de l’éducation. http://bit.ly/1U3Ju0H
Déclaration conjointe des organisations de la societé civile concernant le rapport publié par la banque africaine de dévéloppement et d’autres institutions évaluation des progres accomplis en afrique dans la réalisation des objectifs du millenaire pour le dévéloppement, le 28 Novembre 2014: http://bit.ly/12bSmaE
Début novembre 2014, les CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active) ont participé au Séminaire International de la Fédération Internationale des Ceméa sur les mécanismes et conséquences de la marchandisation de l’éducation, les rôles et responsabilités respectifs des États et des sociétés civiles. http://www.cemea.be/IMG/pdf/acte-ficemea.pdf
L’OIF regroupe 80 États et gouvernements qui partage une langue, le français. Les quatres grandes missions de l’OIF sont: promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique; promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme; appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche et développer la coopération au service du développement durable. À ce titre, dans les déclarations de l’OIF, l’importance du rôle de l’Etat dans l’éducation ainsi que l’assurance de la qualité de l’ensemble des services educatives dans le secteur public et privé sont mise en valeur. http://www.francophonie.org/Le-Sommet.html
« Nous nous engageons à renforcer notre coopération pour atteindre l’objectif d’une éducation de qualité pour tous (EQPT) ainsi qu’à mettre en place et maintenir un dispositif ef cace de régulation de nos systèmes éducatifs. Nous demandons à l’OIF, l’AUF, l’Université Senghor et la Confemen de poursuivre la réflexion concernant les instruments permettant d’assurer la qualité et l’équité de l’ensemble des services éducatifs, tant publics que privés, et à renforcer l’accompagnement des États et gouvernements dans leur mise en place.» (Sommet de Kinshasa, 2012)
Les Déclarations de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui traitent des acteurs privés dans l’éducation:
Voir aussi le rapport: La régulation du système éducatif: une obligation pour atteindre l’équité et améliorer la qualité http://bit.ly/1ZDY3Xg
La CONFEMEN réunit tous les deux ans les ministres de 44 États et gouvernements francophones en offrant un cadre d’échange et de concertation sur les systèmes éducatifs dans le processus de développement. La CONFEMEN a trois missions essentielles : information mutuelle, réflexion sur des thèmes d’intérêt commun, concertation entre ministres et experts. Les orientations stratégiques tracées par la CONFEMEN et les analyses et études produites dans le cadre de son programme PASEC sont prises en compte par l’OIF dans ses actions en matière d’éducation et de formation professionnelle et technique.
La CONFEMEN a soulevé les different enjeux du secteur privé dans l’éducation dans des rapports:
Et dans les Actes: http://bit.ly/219S10Z de la CONFEMEN:
Le rôle de l’Etat en tant que régulateur des services de l’éducation, adopté le 23 mai 2008 par les délégués de plus de 50 Etats et de 10 organisations internationales, réunis à l’initiative du gouvernement de la Communauté française de Belgique, avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et de l’UNESCO. http://bit.ly/1srrz87
Le 10 juillet 2014 à Abidjan, 6 pays (Burkina Faso, RDC, Maroc, Maurice, Roumanie, Vietnam) participant au projet de l’OIF sur la régulation par l’État de la qualité et de l’équité de l’éducation (http://bit.ly/25RvB7S) ont signé une Entente de coopération. La cérémonie s’est déroulée en présence notamment de l’Administrateur de l’OIF et du Secrétaire général de la Confemen. Cet accord doit permettre de pérenniser les échanges entre les systèmes éducatifs de ces pays et renforcer les mécanismes nationaux de régulation de la qualité et de l’équité de l’éducation. lien hypertexte à venir
Conclusions et recommandations de la 48e session de la Conférence internationale de l’éducation (CIE) à Genève, du 25 à 28 novembre 2008 ont soulevé la question sur le rôle régulateur de l’État.
« Renforcer la capacité des gouvernements d’orienter, de promouvoir et d’assurer le suivi de la mise en œuvre d’une éducation équitable de haute qualité, en étroite collaboration avec la société civile et le secteur privé. »
« … la responsabilité générale de la promotion de l’inclusion implique l’engagement actif de tous les acteurs sociaux, le gouvernement ayant un rôle directeur et régulateur, conformément, le cas échéant, à la législation nationale. » : http://bit.ly/1UNLJze
Les dates clés de la coopération UE-ACP
Vue d’ensemble de l’Accord de Cotonou…
L’accord de Cotonou traduit l’engagement à œuvrer ensemble en vue de la réalisation des objectifs d’éradication de la pauvreté, de développement durable et d’intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale; L’accord de Cotonou jette les bases des relations entre l’UE et 79 pays du groupe ACP. Le Soudan du Sud et la Somalie sont engagés dans le processus de signature et de ratification de l’accord.
L’objectif de l’accord de Cotonou est d’éradiquer la pauvreté en intégrant davantage les pays ACP dans l’économie mondiale. L’accord de Cotonou emploie le terme de «partenariat», insistant sur les engagements et la responsabilité mutuelle, et souligne l’importance du dialogue politique, des Droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance. L’accord est mis en œuvre par des institutions paritaires ACP-UE, y compris un Conseil des ministres, un Comité des ambassadeurs et une Assemblée parlementaire paritaire.
Contribution significative au développement économique, social et culturel des États ACP et au mieux-être de leurs populations, à les aider à relever les défis de la mondialisation et à renforcer le partenariat ACP-UE dans un effort visant à donner au processus de mondialisation une dimension sociale plus forte;
Les principaux thèmes couverts par l’Accord de Cotonou…
Plusieurs thèmes sont au centre de la relation de coopération entre l’Union Européenne et les États ACP : Éradication de la pauvreté – développement durable – paix, prévention et résolution des conflits – environnement et gestion durable des ressources naturelles – Changement climatique – égalité des sexes – Jeunesse- Éducation – Agriculture – démocratie – droits de l’Homme – Justice sociale – Culture et développement – bonne gouvernance – Migration – Santé – croissance économique etc.
Les principes fondamentaux de l’Accord de Cotonou…
Les relations entre les parties prenantes de l’Accord sont guidées par quelques principes :
L’égalité des partenaires et l’appropriation des stratégies de développement: ce principe rappelle la souveraineté des États et encourage l’appropriation des stratégies de développement par les pays et populations concernés ;
La participation: Le partenariat est ouvert aux États en tant que partenaires principaux, mais aussi à d’autres acteurs ( confère partie « Les acteurs de la coopération » aux parlements ACP, aux autorités locales des États ACP et à d’autres acteurs, en vue de favoriser la participation de toutes les couches de la société, du secteur privé et des organisations de la société civile à la vie politique, économique et sociale;
Le dialogue, le respect des engagements mutuels et la responsabilité: ces principes sont centraux à la relation de partenariat et visent les deux parties ;
La différenciation et la régionalisation: les modalités et les priorités de la coopération varient en fonction du niveau de développement du partenaire, de ses besoins, de ses performances et de sa stratégie de développement à long terme. Un traitement particulier est accordé aux pays les moins avancés.
Les acteurs de la coopération entre l’Union Européenne et les pays ACP…
Dans le cadre de cette coopération, sont considérés comme acteurs :
— le secteur privé,
— les partenaires économiques et sociaux, y compris les organisations syndicales,
— la société civile sous toutes ses formes selon les caractéristiques nationales. La contribution de la société civile au processus de développement peut être accrue par un renforcement des organisations communautaires et des organisations non gouvernementales à but non lucratif dans tous les domaines de la coopération.
Les institutions de coordination de l’Accord de Cotonou
Ces institutions ont pour rôle d’assurer la coordination, la cohérence et la complémentarité, ainsi qu’un flux efficace et réciproque d’informations. Il s’agit du Conseil des ministres, du Comité des ambassadeurs et de l’Assemblée parlementaire paritaire. Toutefois, il est important de relever que des réunions de chefs d’État et de gouvernement se tiennent sont aussi prévues pour accompagner et assurer un suivi de cette mission de coordination.
La Coopération économique et commerciale : principal point de discorde avec les APE
Le but majeur des Accords de Partenariat Économiques (APE ) est l’instauration d’une zone de libre-échange (réduction de tarifs douaniers, suppression de segments de marchés, libéralisation des mouvement de capitaux…) entre les pays de l’Union Européenne et ceux de région ACP. Plusieurs critiques sont émises dans la mesure certaines parties prenantes estiment qu’il s’agirait d’une zone de libre-échange entre des partenaires inégaux..Toutes les régions ACP n’ont pas encore signé les APE. Il s’agit par exemple de l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique Australe et l’Afrique de l’Est. Des organisations de la société civile sont actuellement entrain de se mobiliser contre une éventuelle mesure de l’UE qualifiée de « chantage » par ces militants.
2020 approche à grands pas…
L’année 2020 marque le terme fixé pour l’Accord de Cotonou. Alors que cette échéance approche à grands pas, plusieurs questions se posent sur l’avenir des relations entre l’Union Européenne et ses partenaires des pays ACP notamment sur la question épineuse des APE.
Bon à savoir :
Accord de Cotonou : Manuel à l’usage des acteurs non étatiques
Anne Michelle EKEDI
Volontaire OIF
Après la thématique de la jeunesse, qui a débouché sur la campagne « Laisser le temps à l’enfance », après la question de la culture aux CEMÉA, après la lutte contre la marchandisation de l’Éducation et après la réflexion sur et autour de l’espace…, nous avons, cette année, abordé le thème de la militance.
Militer, sans pour autant devenir militaires, pour provoquer mille et une explosions neuronales dans le chef de la vingtaine de camarades présent-e-s, à l’heure où des mesures d’austérité et de sécurité remettent en cause un ensemble d’acquis sociaux et de libertés, au moment où nous sommes confronté-e-s à des menaces que l’on croyait disparues.
Le week-end du 1er mai ne nous a pas permis de rencontrer un-e syndicaliste, trop afféré-e à la préparation et à l’engagement, à l’occasion de la fête du travail…
Nous avons donc misé sur nos ressources au sein du groupe, faisant la part belle à une hétérogénéité renforcée par la présence de deux militants des CEMÉA Rhône-Alpes et les appartenances et/ou engagements multiples des protagonistes.
Après un repas coopératif le vendredi soir – dont il faudrait peut-être réfléchir à limiter les quantités – nous nous sommes d’abord musclé-e-s sur 3 thèmes rigoureusement essentiels dans notre société :
Autant dire que les débats ont fait rage…
Le lendemain matin, nous avons tenté un parallèle entre l’histoire du secteur associatif qui œuvre dans la santé mentale et celui de l’Éducation populaire. Pierre Smet nous a raconté l’histoire de la création du Sas, centre de santé mentale à Evere. L’objection de conscience, le refus de la normalisation, la professionnalisation…
La question du sens de l’action est restée présente, en titre ou en filigrane en fonction des moments.
Nous nous sommes ensuite rendu-e-s à la Cité Miroir, pour l’expo « En Lutte. Histoires d’émancipation », qui retrace l’histoire belge de 1830 à nos jours sous l’angle marxiste des rapports de domination : une manière de poser – en perspective – les grandes luttes et les courants de notre histoire contemporaine.
Le parcours propose différents tableaux et de vibrer au travers d’univers historiques. Ça bouscule… Certain-e-s ne s’en sont pas encore remis-es… Cela nous situe – justement – dans les combats sociaux et la conquête des droits.
Les commentaires à la suite de l’expo avec nos accompagnatrices interrogent les « Oublié-e-s » de l’histoire contée, la fin de l’expo en style Peace and Love donne plus envie de jouer de la guitare en chantant l’Amour que d’agir concrètement pour modifier les structures, les rapports de force et les logiques de relation. La sortie se termine en « eau de boudin » : des tablettes tactiles proposent de définir notre profil de militant-e…
Nous quittons la Cité Miroir pour ne pas nous laisser enfermer dans cette proposition, avec des traces, des émotions, des envies, des révoltes… à transformer en actes dès le lendemain.
De retour à l’Espace Belvaux, nous avons tenté de formaliser notre manière de lutter… Sous la forme des « bons conseils de Tante Renée »… Collectif, résistance, convictions et persévérance se sont dégagés de notre expérience.
Le dimanche, nous avons tissé les liens entre les dimensions sociétales de notre action (l’égalité, la justice, la solidarité, l’émancipation individuelle et collective…) et des champs d’intervention sur les terrains de l’Éducation, pour imaginer un bar militant le 10 juin 2017 à l’occasion des 70 ans accomplis des CEMÉA en Belgique, délimiter les balises d’une formation à destination d’une institution de repos et de soins rue Louvrex qui ne nous a rien demandé, envisager l’encadrement d’enfants lors d’un évènement culturel tel que les Francofolies de Spa…
Le week-end s’est terminé sur des engouements, des envies, des rencontres à prolonger. Et le désir, partagé, de revendiquer solidairement un idéal de progrès social au travers de nos actions, aux CEMÉA ou ailleurs…
L’Éducation n’est pas vaine et il nous faut lutter pour qu’elle reste dans le champ politique.
A l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité, et conformément à son engagement sociétal avec l’organisme méditerranéen CLEAN-UP THE MED, l’Association nationale Scientifique de Jeunes ‘’Découverte de la Nature’’ (ASJDN) a organisé les 7, 14, 21 et 22 mai 2016, une série d’activités de nettoyage de plages, forêts et barrage mais aussi de sensibilisation des citoyens au phénomène de la pollution environnementale en général et des espaces de détente en particulier. Une opération qui a été bien accueillie par les partenaires et participants, aux portes de la saison estivale. L’objectif de cette initiative était d’attirer l’attention de l’opinion publique ainsi que des autorités concernées sur les conséquences de la destruction de l’environnement et les nombreuses atteintes aux équilibres écologiques dans les communes ciblées.
Cette activité a connu la participation d’autorités administratives, d’associations locales et de mouvements jeunesse. Au total, nous avons dénombré 75 associations (5000 personnes), 50 organismes et structures et 50 professionnels. Grâce à cette grande mobilisation, nous avons enregistré un total de 80.000 kilos de déchets collectés.
380 kilos de matières ont été collectés suite à la participation de militants issus de divers secteurs (Direction de l’Environnement de Souk Ahras, le Centre d’enfouissement technique, l’association NADAFA, la sureté nationale, le scout musulman et le croissant rouge algérien).
La journée du 21 mai a été la plus riche dans la mesure ou des actions de nettoyage et de sensibilisation se sont tenues dans 5 communes :
Commune de Bordj El-Bahri Wilaya d’Alger : Nettoyage des Plages «CIGAGNE et ONDINE »
Deux plages ont servi de cadre à cette mobilisation écologique : la plage LA CIGAGNE longue de 200 Mètres, large de 40 Mètres et la plage L’ENDINE longue de 500 Mètres et large de 40 Mètres. Le coup d’envoi officiel de l’opération de nettoyage des plages a été donné au Club La Cigogne par Monsieur le wali délégué de Dar-El-Beida, en présence de tous les participants, de la Télévision Nationale Algérienne (ENTV), de D’zair news, de la Radio El-Bahdj et d’autres organes de presse. Une couverture médiatique qui a contribué à l’atteinte de l’objectif d’« éducation à l’environnement ».
Par ailleurs, des panneaux d’affichage ont été installés à l’entrée des Plages, et des affiches et dépliants de sensibilisation ont été distribués au grand public. Les participants se sont répartis en groupes de dix ; les plus petits ont été chargés de la récolte de papier et plastique, tandis que les plus grands ont récoltés les déchets ferreux et du verre. Les bénévoles devaient ensuite vider leur collecte dans des poubelles réservées chacune à un type de déchet. A la fin de l’opération, une pesée a été effectuée afin d’évaluer la quantité de différents déchets collectés : Plastique : 66 kgs – Bois : 37 kgs – Verre : 22 kgs – Métaux : 83 kgs – Papier : 26 kgs – Matières Organiques : 58 kgs pour un total général de 292 kilos de déchets.
Commune de Rouina Wilaya d’Ain Defla : Nettoyage de la forêt « Babour »
En présence d’associations de jeunes et d’autorités administratives de la Commune de Rouina, 160 kilos de matières ont été collectées pendant le nettoyage de la forêt « Babour » et sont réparties comme suit : Plastique : 40kgs – Bois : 20 kgs – Bouteille : 30 kgs – Papier : 55 kgs – Matières Organiques : 15kgs
Commune d’Aouana Wilaya de Jijel : Nettoyage de Plage « Bourdj Blida »
Au terme du nettoyage de la plage « Bourdj Blida », nous avons récupéré au total 440. Kilos avec la participation de jeunes, d’enfants et d’autorités de la commune d’Aouana.
Canton tahammemt, Commune El-Madher Wilaya de Jijel : Nettoyage de la forêt domaniale de Bouarif
Dans cette commune, la journée s’est achevée par la collecte de 610. Kilos de déchets dans la forêt domaniale de Bouarif. Ecoliers, jeunes militants ont contribué à la réalisation de cet acte citoyen et écologique.
Commune Marsa ben m’hidi Wilaya de Tlemcen : Nettoyage de la Plage de Marsa ben m’hidi
Dans la commune Marsa ben m’hidi, l’activité de nettoyage de la plage a produit un total de 960. Kilos de déchets collectés en présence de la Direction de l’environnement de la Wilaya de Tlemcen, d’enfants, de jeunes et autres militants d’associations locales.
Comme chaque année, la communauté internationale a célébré la journée mondiale de la biodiversité. L’ASJDN a poursuivi son action d’éducation à l’environnement en exposant des posters de 2m X 1m destinés au grand public, sur l’écosystème en général (faune, flore terrestre et marine). Cette opération a été une réussite totale grâce à la participation des autorités, des associations, des médias, des jeunes… et autres partenaires présents.
C’est donc de façon écologique que l’Association nationale Scientifique de Jeunes « Découverte de la Nature » a une fois de plus, marqué les esprits et rappeler son rôle et sa place dans le paysage associatif algérien.
L’Assemblée de Coopération pour la paix –ACPP commença son parcours dans le monde de l’éducation formelle et non formelle en 1992, dirigée à cette époque par Pamella O’Malley, maîtresse et activiste clef dans la défense de l’éducation publique en Espagne. Tout au long de ces années, nous avons continué à travailler et adapter notre travail aux nouvelles circonstances sociales, politiques et économiques, sans abandonner nos origines et notre idéal d’engagement avec les options progressistes en éducation.
Le programme « Écoles Sans Racisme » – ESR
Le programme Écoles sans Racisme – ESR nait en 1988 à Ambres (Belgique) comme un mouvement de réaction contre les situations de violence, intolérance et racisme qui étaient entrain de se générer dans la société et, en particulier, en milieu scolaire. Ainsi, le programme fût dirigé par un groupe d’éducatrices qui comprenaient l’éducation, et concrètement le système éducatif, comme un instrument très efficace pour créer une nouvelle citoyenneté qui s’oppose au racisme et à la xénophobie et qui défend des valeurs comme l’égalité de droits, la paix, le dialogue, etc.
Dès son origine, ESR a la vocation de devenir un réseau européen de centres éducatifs qui s’engagent de forme active dans la lutte contre les attitudes xénophobes à travers un des milieux qui exerce la plus grande influence sur la citoyenneté : l’éducation.
Bien que ESR ait été créé comme un outil pour lutter contre le racisme dans les écoles et dans la société, dès le départ, il a été décidé que le programme, en plus de favoriser l’interculturalité, serait un outil pour introduire l’éducation à la citoyenneté de manière transversale et permanente dans le programmes des établissements scolaires et dans les méthodes utilisées par les enseignants. ESR a évolué et s’est transformé en un programme qui, outre l’objectif de ne produire aucun type de discrimination, cherche aussi à éduquer à la paix, à la résolution pacifique des conflits et à la solidarité dans une perspective globale. Ceci inclut la responsabilité personnelle et collective avec le développement humain de toutes les personnes et sociétés. C’est pour cela qu’aujourd’hui le programme se nomme « Écoles sans racisme, écoles pour la paix et le développement » (après ESR, EPD).
Du programme « Écoles Sans Racisme » (ESR) au programme « Écoles sans Racisme, pour la Paix et le Développement » (ESR, EPD)
Le programme « ESR, EPD » est un cadre d’action et un outil de travail qui peut être offert aux écoles. Une méthodologie, une manière de faire les choses et de comprendre l’éducation, qui a besoin d’une participation de toute la communauté éducative et qui fait de l’enseignant un agent fondamental pour la promotion de la convivialité interculturelle. A travers le programme « ESR, EPD » , nous faisons un accompagnement de façon continue aux centres scolaires de différents niveaux grâce à un travail de formation des professeurs, nous fournissons des matériaux et nous faisons des propositions didactiques, qui ont pour objectif de renforcer les communautés éducatives dans leur travail quotidien afin de construire une Citoyenneté Globale engagée avec les Droits Humains, la Paix, la solidarité et l’égalité.
Pendant les dernières années, à cause du contexte actuel de crise sociale qui touche l’Europe, nous avons trouvé des situations de désavantage éducatif de certains élèves dues à des circonstances personnelles ou socioculturelles, associées à des situations de risque ou d’exclusion dans leur entourage. Nous croyons que le programme EPD doit en tenir compte et doit travailler dans les écoles en les encadrant dans leur entourage. Réussir une éducation de qualité pour tous demande un effort tant pour les membres de la communauté éducative directement impliqués comme pour l’entourage social dans lequel se déroule l’éducation. Ainsi, l’éducation est de plus en plus une responsabilité collective, développée tout au long de la vie et avec une grande influence du contexte territorial et social dans lequel on vit. Par conséquent, nous voulons faire un pas en plus dans le rôle que la société civile et les organisations peuvent et doivent jouer en éducation, incorporant des techniques et des méthodologies avec une perspective communautaire, de lutte contre les inégalités et de suscitation de la participation. Les interventions actuelles de ESR, EPD essayent d’intégrer l’école dans un entourage plus grand que le quartier, et favoriser l’interaction de la société dans l’école et de celle-ci dans la société. Pour ceci, nous sommes entrain de développer des méthodologies d’Apprentissage qui permettent une voie de service à la communauté dès l’école.
Un exemple d’outil didactique : Le THÉÂTRE FORUM
A l’Assemblée de Coopération pour la Paix, nous avons adapté la méthodologie du théâtre forum conçu par Augusto Boal, aux réalités sociales de notre entourage et nous l’avons incorporé au programme éducatif ESR, EPD. Le Théâtre Forum est une activité basée sur les théories du brésilien Augusto Boal, créateur du Théâtre Opprimé (méthode dans laquelle se met en scène une expérience qui représente une situation sociale injuste et dans laquelle le public propose et représente une solution). Pour sa réalisation, nous compterons sur un groupe d’acteurs et actrices qui représentent une petite histoire dont les élèves deviendront les protagonistes. Le moyen théâtral permet qu’on atteigne les enfants et les jeunes d’une forme simple et efficace sur des thèmes précis ou des situations de conflit difficiles à aborder d’une autre manière dans le contexte d’une classe. Ainsi, à travers de petites dramatisations, s’expose un problème qui n’est pas résolu (normalement basé sur des problèmes et des conflits sociaux réels et présents dans la classe) et on demande aux élèves de proposer des solutions et de les représenter en prenant le rôle du protagoniste de la pièce.
Les pièces sont des mises en scènes de situations familières au public, par exemple des conflits de convivialité, d’inter culturalité, de violence contre les femmes, de harcèlement scolaire et « cyberbullyng », de drogues, etc. L’élève qui propose une solution différente doit participer en tant que protagoniste à une répétition de la pièce. Cette forme d’agir permet une analyse du comportement et des motivations qui expliquent des situations déterminées. Elle invite à changer la réalité négative et démontre que c’est possible d’avoir une incidence dans la situation e question.
Le Théâtre Forum est basé sur l’explicitation des conflits interpersonnels et sociaux. Les élèves doivent eux mêmes chercher des solutions au conflit, le vécu de l’expérience mise en scène et essayer de le résoudre. Il représente donc un excellent outil pour détecter des problèmes latents dans la classe, de favoriser une réflexion et la résolution de conflits.