Libérer la parole !

Le Gouvernement wallon, a entrepris un exercice de participation directe d’enfants à l’évaluation des mesures du Plan d’actions 2016-2019 relatif aux Droits de l’enfant. Les Ceméa de Belgique ont été au cœur de l’accompagnement de ce projet.

Ce rapport retrace cette aventure menée tambour battant, jalonnée de belles rencontres, de partages de vécus et d’expériences de la part des enfants et des jeunes, de surprises, d’idées et d’enthousiasme, mais aussi d’obstacles, d’interrogations sur ce type de démarche.

Cet article synthétise ce rapport dont l’objectif est d’organiser et de structurer la parole des enfants, des idées et des témoignages que les enfants et les jeunes ont construits et partagés.

Dans le processus mis en œuvre pour cette expérience de consultation participative, nous avons porté une attention particulière à faire vivre aux enfants des moments de réelle expression et participation. Pour chaque rencontre, nous avons pensé des temps d’activités qui ont permis aux enfants et aux jeunes de vivre l’article 12 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

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Accueillir la parole

Les conditions nécessaires à la participation et à l’expression des enfants ont été pensées et réunies :

  • du temps pour jouer et se rencontrer,
  • une attention à retenir tous les prénoms,
  • l’instauration d’une relation de confiance entre les animateurs et animatrices et les enfants,
  • l’installation et l’aménagement de manière à ce que chacun-e puisse se voir et se parler (notamment en cercle de chaises),
  • une attention à ce que chacun-e prenne la parole et puisse dire ce qu’elle-il a à dire,
  • de la place à tout ce que les enfants amènent sans opérer de tri sur le moment-même,
  • une proposition d’activités qui rendent les enfants acteurs, actrices du moment et pas consommateurs, consommatrices d’un discours désincarné,
  • un ajustement durant et entre les séances pour chaque groupe en fonction des âges, du nombre, de la dynamique, des intérêts…
  • une relation d’adultes à enfants pensée comme une relation de personnes à personnes (ce qui signifie de ne pas considérer les enfants comme des mini-adultes, mais comme des personnes à part entière, à un moment particulier de leur développement) qui passe notamment par le tutoiement et le fait de s’appeler par son prénom,
  • une confiance dans les capacités des enfants à participer aux activités et dans le fait qu’elles-ils aient des choses intéressantes à nous dire et à partager,

Libérer la parole : un changement systémique ?

Pour nombre d’enfants et de jeunes, ces rencontres ont été une première expérimentation de ce droit. Ils-elles l’ont d’ailleurs relevé. Les conditions nécessaires sont loin d’être toutes réunies dans leur quotidien, que ce soit à l’école, dans l’accueil extrascolaire, les maisons de quartier… reléguant cette préoccupation bien loin dans l’ordre des priorités. Les difficultés rencontrées pour l’élaboration du panel de groupes en est un indicateur : dédier trois séances de deux heures aux droits de l’enfant n’a pas été une mince affaire…

Ce constat nous semble aussi révélateur d’une certaine impuissance face à ce sujet pourtant essentiel. De plus, mettre en œuvre les droits de l’enfant, laisser les enfants s’exprimer et participer engendre quasi mécaniquement une perte de pouvoir des adultes. Si les enfants ont leur mot à dire, s’ils-elles ont la possibilité de donner leur opinion, de choisir et d’être entendu-e-s, alors la place des adultes bouge et c’est toute l’institution qui est chamboulée. Ce changement de paradigme est déstabilisant et nous comprenons aisément qu’il soit difficile de le mettre en place. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, une culture des droits de l’enfant incarnée dans le quotidien des différents espaces investis pas les enfants.

L’Éducation active comme perspective ?

Si le dispositif que nous avons proposé permet aux enfants et aux jeunes de vivre leurs droits, il n’est pas neuf dans nos pratiques. Les principes de l’Éducation active laissent la place aux individus et s’appuient sur les compétences et capacités de chacun-e pour construire un savoir collectif propre au groupe qu’ils composent. De facto, les droits se vivent et s’éprouvent dans ce type de démarche. D’ailleurs, les groupes que nous avons rencontrés qui ont eu le plus de facilités à s’exprimer et s’approprier rapidement le dispositif proposé, sont ceux qui vivent déjà un peu ou beaucoup l’Éducation active dans leur quotidien. Soit parce que l’école qu’ils-elles fréquentent porte ses valeurs dans son projet pédagogique, soit parce que les adultes qui les ont accompagné-e-s ont à cœur de leur faire vivre ces principes. Il s’agit d’une question d’habitude et d’entraînement pour les enfants à être entendu-e-s, reconnu-e-s comme des personnes compétentes et pleines de ressources et agissant dans ce sens.

L’Éducation active nous semble donc être une approche primordiale pour accompagner les enfants dans leur développement et leur faire vivre leurs droits au quotidien. Cela dit, il reste un travail conséquent dans la formation des professionnel-le-s de l’éducation pour faire bouger les choses et surtout le regard que portent la société et les institutions sur les enfants.

« Politiciens, politiciennes »

« On va dire que c’est nous qui l’avons fait ? Y aura une pancarte avec nos noms pour dire que c’est nous ? »

A., H., N., 11 ans, Liège.

Les rencontres que nous avons menées ont été des moments remplis de relations de personne à personne, d’émotions, d’expérimentations… Nous sommes allés voir les enfants, dans leurs locaux, pour discuter de ce qui les préoccupait réellement. Il ne s’agit pas d’une relation administrative, d’un questionnaire impersonnel.

Nous avons laissé leurs paroles s’exprimer sans opérer de tri ou l’aiguiller sur le moment. Nous avons effectué ce travail dans en second temps, entre adultes, tout en restant fidèles à ce que les enfants nous ont dit. Nous ne voulions pas instrumentaliser leur parole, la modeler, la transformer pour qu’elle corresponde à ce que des adultes pourraient attendre.

Cette attention est partagée avec les enfants. Ils-elles sont plusieurs à nous avoir demandé ce qu’il serait fait de leurs idées et leurs paroles. Est-ce que les décideuses et décideurs politiques vont venir les voir ? Est-ce qu’ils-elles vont réaliser leurs propositions ? Que se passera-t-il ensuite ? Ces interrogations sont tout à fait légitimes au regard du travail et de l’investissement fournis par les enfants. Si nous avons eu le souci de reconnaître les efforts et le temps consacrés par les enfants, par exemple, en leur laissant leur affiche des droits de l’enfant mise en page et imprimée, il faudrait qu’il en soit de même pour les « politiciens et politiciennes » auxquel-le-s s’adresse ce rapport. S’agissant donc du réel travail des enfants, il conviendrait que les adultes le considèrent pour de vrai. Il nous paraît important d’inscrire la participation des enfants dans une chaîne, un cercle vertueux qui débuterait par un quotidien « childfriendly » pour potentiellement aboutir à des recommandations politiques qui dépassent le cadre habituel des enfants.

En tout cas, si la volonté des Gouvernements en place est de solliciter la participation des enfants aux décisions politiques qui les concernent, il serait intéressant que les enfants puissent s’inscrire au quotidien dans des réalités qui permettent une participation directe et des perspectives plus larges, une réelle prise en compte de leurs besoins et potentialités par les adultes et les institutions qui les accueillent, un partage plus efficient du pouvoir… Pour les instituer comme sujets d’un monde qui leur appartient et d’un futur qu’il leur incombe de dessiner.

Tel est le défi d’un futur Plan d’Action relatif aux Droits de l’Enfant.

« Vous dites : C’est fatigant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : parce qu’il faut se baisser, s’incliner, se courber, Se faire tout petit. Là, vous avez tort, ce n’est pas cela qui fatigue le plus, c’est le fait d’être obligé de s’élever, de se mettre sur la pointe des pieds jusqu’à la hauteur de leurs sentiments, pour ne pas les blesser ».Janusz Korczak, Le droit de l’enfant au respect, 1928

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Miroir Vagabond

Présentation

Le Miroir Vagabond est une association socioculturelle qui vise une action globale de développement local et régional en milieu rural avec les populations par l’animation et la création artistique.

Activités

Travailler la citoyenneté active

Le Miroir Vagabond travaille avec des adultes, des jeunes et des enfants en milieu rural principalement avec une attention particulière à prendre en compte les populations les plus défavorisées. Toutefois, l’association travaille aussi avec « ceux qui ne se considèrent pas en difficulté » et avec lesquels les notions de participation, de vie collective, de créations culturelles sont aussi importantes à développer.

La création est envisagée par le Miroir vagabond comme un levier d’expression, de participation et de changement sociétal.

Des animations collectives

  • Des projets participatifs selon une logique d’éducation permanente (populaire), sur des thématiques comme l’emploi, le logement, la santé, l’asile, la consommation, la démocratie participative…
  • Des actions de développement communautaire dans des lieux de vie…
  • Des formations permanentes pour adultes (se perfectionner en français, travailler la confiance en soi et la capacité de découvrir et ouvrir des pistes professionnelles ou d’utilité sociétale)
  • Des ateliers d’expression et de créativités (théâtre, peinture, sculpture, écriture, cirque…)

Du développement territorial

  • Des projets de développement culturel qui participent à l’identité d’une région et à sa fédération (par exemple l’organisation annuelle d’un festival de théâtre de rue, la co/organisation d’un festival de marionnettes tous les deux ans, un camion d’animation en itinérance pour aller vers la population…)
  • Des projets de développement en matière d’habitat : qui augmentent le parc locatif ou acquisitif pour des familles à faibles revenus, qui mêlent partenariat public/privé, qui défendent des droits en matière de logement décent ou différent.

http://miroirvagabond.be/ | +322 084 31 19 46
CONTACT : Patrick Navatte
p.navatte@miroirvagabond.be

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Rencontre de l’éducation Nouvelle et populaire en Haïti

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Entre la participation au forum régional Amérique Latine, Caraïbes de la Ficeméa en octobre 2018 à Montevideo, la formation d’une quarantaine d’animateurs.trices au mois de novembre 2018 et le lancement du projet sur la santé scolaire, pour clôturer l’ année 2018 les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active en Haïti (CEMEA-HAITI) ont décidé d’organiser leur toute première Rencontre de l’Éducation Nouvelle et Populaire ( RENP ) à Saint-Marc/Haïti, le 27, 28, et 29 décembre 2018 avec leurs membres actifs et d’autres acteurs et actrices de l’éducation en Haïti.

L’objectif était de partager et de mettre en pratique les valeurs de l’Éducation Nouvelle et Populaire. Le thème de cette année était : « L’Éducation Nouvelle et Populaire en Haïti, pourquoi pas ? ». Plus d’une vingtaine de militant.e.s, d’acteurs et d’actrices de l’éducation, des responsables de médias, des responsables d’associations, des animateurs.trices, des enseignant.e.s ont convergé de plusieurs villes du pays (Port-au-Prince, Gonaïves, Saint-Marc, Aquin , Hinche).

AU PROGRAMME : formations, tables-rondes, ateliers et partages d’expérience pour confronter les pratiques des participants et participantes, acteurs et actrices de l’éducation.

Ils ont mis en débat la question du bilinguisme dans l’enseignement en Haïti  « La cohabitation du créole et du français dans l’enseignement en Haïti, quels enjeux et quelles perspectives? ». Ils ont organisé un atelier de traduction en créole haïtien des principes des Ceméa (Gisèle de Failly 1957). Ils ont profité de l’occasion pour jeter les bases pour une création des cellules départementales des Ceméa-Haïti. Ils ont aussi présenté leur calendrier d’actions pour l’année 2019 :organisation du festival du film d’éducation en Haïti (FFEH), formations pour les enseignant.e.s, animateurs.trices, lancement du projet du bus itinérant (Educa-Mobile), sont les éléments prioritaires du calendrier d’actions 2019.

Ils se donnent rendez-vous en décembre 2019 pour la 2ᵉ édition de RENP, encore plus intéressante, et riche en activités.

‘’Éduquons autrement pour transformer les pratiques !’’

Décembre David tedd-lee /Secrétaire général/ CEMEA-Haïti

Rendez-vous sur les réseaux sociaux @cemea-haiti (Facebook) pour les photos et vidéo

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Une histoire de l’éducation populaire au Québec

Du 15 au 16 novembre 2018 s’est tenu un colloque sur “L’éducation populaire autonome. Regard transversale sur une pratique au service du politique”.

Les objectifs étaient de :

1. retracer le cheminement historique de l’éducation populaire autonome au Québec ;

2. Construire une vision commune de l’éducation populaire autonome au Québec ;

3. Prendre connaissance des pratiques actuelles d’éducation populaire autonome au niveau local, régional et national ;

4. Dégager des pistes de développement pour l’éducation populaire au Québec, et ce, pour l’ensemble du mouvement d’action communautaire autonome.

Les objectifs de l’ÉPA dans la définition de 1978

Le comité de coordination des Organismes volontaires en éducation populaire (OVEP) se forme en 1978. La même année, une assemblée générale provinciale des OVEP donne une première définition de l’éducation populaire autonome.

Pour cet organisme, l’éducation populaire comprend :

« L’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyens mènent collectivement des actions qui amènent une prise de conscience individuelle et collective au sujet de leurs conditions de vie ou de travail, et qui visent, à court, moyen ou à long terme, une transformation sociale, économique, culturelle et politique de leur milieu. » [version courte]

Le texte de 1978, dans sa version courte, a été largement utilisé par les groupes populaires, car c’est une des premières fois que le mouvement communautaire tente de définir ce qu’est un groupe communautaire. Cette définition, qui est ancrée dans la tradition des comités de citoyen-ne-s des années 60, a influencé la conception de la mission des groupes tout au long des années 1980.

Vous pouvez retrouver une brève histoire de l’éducation populaire au Québec en cliquant sur le lien https://www.dropbox.com/s/4gt7r25ahuc3vsk/Histoire-%C3%89ducation-populaire-%C3%A0-Montr%C3%A9al_diaporama_CFP_2018_BVpr%C3%A9sentation-compressed-2.pdf?dl=0

« Ainsi, quel que soit le lieu où, prenant notre distance du contexte concret où se réalise une certaine pratique, nous exerçons une réflexion critique sur cette pratique, nous avons là un lieu de réflexion théorique, donc une école, dans le sens radical que ce mot doit avoir.» (Paolo Freire, 1978)

L’éducation populaire : mise en lumière d’une approche éducative incontournable tout au long et au large de la vie (Conseil supérieur de l’éducation du Québec en 2016)

L’éducation populaire peut être considérée comme une voie éducative légitime contribuant au continum de l’éducation des adultes et non uniquement comme un moyen de pallier le manque d’une « voie royale » [la scolarisation].

La légitimité de l’éducation populaire est déjà attestée par les milliers de personnes qui, chaque année, empruntent ses chemins diversifiés.

Dans certaines situations de vie, elle est parfois la seule en mesure de fournir des réponses et de permettre à ces personnes d’agir et de s’engager dans la société actuelle.

La complémentarité de l’éducation populaire avec les autres modes éducatifs, notamment par ses propositions éducatives alternatives ou novatrices, accroît la possibilité pour les adultes de s’inscrire dans un processus d’éducation tout au long et au large de la vie qui réponde à leurs attentes, ce qui constitue en soi un apport important.

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Séminaire « La jeunesse, Mayotte et le monde » !

Janvier 2019, un mois animé par notre 2ème édition* du séminaire « La jeunesse, Mayotte et le monde » ! 

Quand des chercheur.se.s, des professionnel.le.s et des jeunes pratiquent et pensent ensemble

Du 7 au 12 janvier, des jeunes de différents villages de Mayotte, des professionnel.le.s, des partenaires, élu.e.s, des militant.e.s, des chercheur.se.s, de Mayotte et de Madagascar, La Réunion, le Sénégal, Paris et Dieppe se sont rencontrés et ont travaillé ensemble.

Des invités de l’Océan Indien et du Monde pour travailler avec la jeunesse sur différents projets :

Partenariat Océan Indien

Depuis plusieurs années, aux Ceméa de Mayotte, nous participons à l’animation d’un réseau d’acteurs des différents territoires de l’Océan Indien. Les rencontres et le partage de pratiques et de réflexions autour de l’éducation alimentent notre mouvement.

Dans ce cadre, nous avons donc invité Claudia VOLAMANGA, responsable d’un centre d’accueil d’enfants en situation difficile, vulnérables et/ou en situation de handicap à Tamatave, géré par l’Association « Terre des enfants Vaucluse ».

Web radio

Aussi, Gilles PENNEC, militant des Ceméa de La Réunion a formé des acteurs et actrices à l’utilisation et la mise en place de webradio.

Tout au long de ce séminaire, nous avons mis en place une web radio, et plusieurs émissions ont été diffusées. Cliquez ici pour écouter les trois émissions enregistrées en podcast et le reportage de Mayotte 1ère.

Réseau international

Joelle Bordet

Depuis 2016, nous participons à une recherche-intervention, dans le cadre du réseau international « Jeunes, inégalités sociales et périphéries », animé par Joëlle BORDET. Cette recherche réunit des chercheurs, des pédagogues, des professionnels et des jeunes sur le thème « De la colère à la démocratie ».

Cette fois, Joëlle BORDET (Psychosociologue), Mama SOW (Chercheur et Président des Ceméa du Sénégal), Alexis DOUALA (Directeur d’une association de prévention spécialisée « Le Foyer Duquesne » à Dieppe) ont présenté les travaux et fait vivre des pédagogies issues des axes développés dans la recherche-intervention**.

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Alliance pour la responsabilité dans un monde interdépendant

Gérer les interdépendances planétaires: comment en finir avec des sociétés à irresponsabilité illimitée’, tel est le défi majeur qui s’impose à nous. C’est la question que nous avons tenté d’aborder à travers la newsletter No 4 de l’Alliance pour des Sociétés Responsables et Durables , éditée début décembre 2018.

L’association Polis en Grèce, membre de la FICEMEA, a participé à la conception et l’élaboration du contenu de la newsletter. Nous avons voulu explorer d’abord la question de «l’effondrement», qui paraît-il hante l’avenir de l’humanité, pour ensuite, explorer quelques pistes de ‘réponses’, en puisant dans des textes de philosophie, des expériences, des recherches et des idées novatrices sur la gouvernance, le droit et l’éducation.

Submergés par des théories sur l’effondrement imminent de la civilisation occidentale, comment continuer à agir et inciter à l’action citoyenne ? Comment préparer les jeunes et les étudiants, comment accompagner les acteurs territoriaux, à l’époque de « l’Anthropocène»? Quelle serait la valeur opérationnelle d’idées innovantes telles que la «décroissance»?

L’urgence climatique nous oblige à réorienter nos économies, impose une nouvelle réflexion sur le savoir et l’éducation. Un débat vaste et indispensable, que nous avons juste commencé à effleurer à travers les articles de cette newsletter qui pourrait servir comme ressource éducative pour des éducateurs et acteurs de terrain. Accéder à la lettre d’information ici

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Suivre les plans de notre production, bâtir, aménager et entretenir. Et encore, partager nos ouvrages et entamer de nouvelles œuvres  !

Durant l’année 2018, la FICEMEA a suivi le plan de construction des actions tracé par notre Agora, rassemblée en décembre 2017. Entre autres, notre Fédération Internationale a eu la chance de pouvoir réunir les membres de ses organisations lors des quatre rencontres régionales qui ont eu lieu d’août à novembre derniers, du Cameroun à l’Uruguay, des Seychelles à la France.

Sur ces chantiers de l’Éducation Nouvelle, nombre de matériaux ont été rassemblés et assemblés : des matériaux très nobles constitués de valeurs, de méthodes et de réalisations éducatives nourries par l’Éducation Nouvelle ; organisés sur la base de réflexions partagées et mises en débat, critiquées et revues ; enrichis de nos créativités diversifiées, de nos apports culturels et de nos angles de vue singuliers.

Ce sont ces matériaux qu’il nous faut continuer à rassembler, à échanger et à assembler au sein de la FICEMEA. Ce sont ces réalisations que nous devons faire advenir en prenant avec bonheur la mesure de l’importance de notre réseau international et de sa capacité à susciter de la reconnaissance entre nous mais aussi de la solidarité avec ceux qui veulent et voudront nous emboîter nos pas, avec ceux avec qui nous pouvons faire alliance pour contribuer pleinement à la construction d’un monde meilleur.

Ainsi avons-nous travaillé à mieux définir notre Fédération, les enjeux et les objectifs que ses membres veulent poursuivre à travers elle. En 2019, la recherche-action qui a été produite en 2017-2018, le chantier des définitions communes de mots que nous utilisons pour nommer la réalité sur laquelle nous travaillons selon les principes de l’Éducation Nouvelle, doivent être renforcés notamment par les contributions qui ont été proposées dans chaque rencontre régionale. Ceci servira le renforcement conscient des orientations partagées dans notre organisation.

.eLes projets de mobilité, préparés lors des rencontres régionales peuvent être mis en place et déployer leurs effets pour les militant.e.s de nos associations, pour les animateurs.trices, les éducateurs.trices et les groupes de population avec lesquels nous développons projets et actions ; ils vont renforcer l’échange d’expériences et des processus de co-construction d’actions pour produire du savoir pédagogique, de l’action empreinte des enjeux démocratiques que nous rêvons et que nous arrivons à mettre en œuvre.

L’action de plaidoyer de la FICEMEA contre la marchandisation de l’éducation va se poursuivre. Et le récent rapport d’OXFAM International1 « Services publics ou fortunes privées ? » nous engage, s’il le fallait, à renforcer cette action menée avec nos partenaires. Il plaide pour que les prélèvements fiscaux soient réalisés sur toute production de richesse et notamment pour que les sociétés multinationales qui échappent de plus en plus à l’impôt paye leur contribution ; de telle sorte, les états pourront réaliser leur rôle de redistribution des richesses notamment via l’organisation de services publics d’enseignement. A ce propos, je cite volonté une « extrapolation » impressionnante des données qu’OXFAM a recueillies :

« Une augmentation de seulement 0.5% de l’impôt sur la fortune des 1% les plus riches permettrait de collecter plus d’argent que le budget nécessaire pour scolariser 262 millions d’enfants non scolarisés et pour proposer des soins de santé permettant de sauver la vie de 3.3 millions de personnes »1.

Car les services publics doivent l’emporter sur les fortunes privées et les états doivent apporter leur soutien aux services publics et non aux fortunes privées (citer exactement)

La FICEMEA continuera à proclamer le principe fondamental de l’égalité entre les femmes et les hommes et à trouver des formes d’action pour le concrétiser. Le travail sur les images et les modèles proposés dans les différentes langues pratiquées par nos membres organisera sans doute une contribution importante en la matière pour pointer « les mots pour le dire2 » ou ne plus reproduire les inégalités par le langage verbal, apprécier comment les mots content et font compter la part des femmes.

Toute cette activité est assurée sous la houlette de notre déléguée permanente, Sonia Chebbi avec, en 2018, le concours de Karini Lefort qui a terminé sa mission à la FICEMEA en fin d’année 2018. Leur travail est encadré par nos instances, le conseil d’administration qui s’est réunion à deux reprises en 2018 et par le comité exécutif. Je veux saluer ici l’implication de tous.tes ces ami.e.s et les remercier vivement, eux.elles et leurs organisations pour le soutien accordé à notre Fédération et pour leur volonté tenace.

Ils.elles devront faire preuve de pugnacité puisqu’ils.elles sont en devoir aujourd’hui de trouver comment stabiliser financièrement notre Fédération au terme des deux prochaines années. Car notre FICEMEA doit renforcer ses bases et les rendre pérennes. Pour y arriver, elle a besoin du soutien de toutes les associations membres.

Si le monde à changer est toujours aussi violent et fort de bastions liés non au développement de l’humain mais à celui-des moyens financiers de quelques-uns, si nos capacités de résistance sont grandes, c’est à la production d’une force de réactivité et de changement que nous sommes sans cesse appelés ; plus encore en ces temps-ci, nous ne pouvons défaillir car nous vivons une époque cruciale, une époque que nous voulons faire basculer vers un monde meilleur.

La demande de mieux est forte : qu’elle se matérialise dans des migrations souvent périlleuses et qui dénotent d’énormes espoirs, dans des résistances à des régimes où les chefs autoritaires passent au premier plan ou dans des volontés collectives de stabiliser des systèmes démocratiques, dans des actes pour participer de manière créative et démocratique à la construction et aux incessants et nécessaires aménagements de nos sociétés en vue de rendre heureux chaque individu.

Puisions-nous continuer, en 2019 à nous rencontrer et à œuvrer ensemble.

Puissions-nous continuer à reconnaître nos similitudes et à partager nos valeurs pour les activer dans les sociétés à la construction desquelles nous souhaitons que chaque citoyen, chaque citoyenne ait une part active et reconnue..

Yvette Lecomte,

Présidente de la FICEMEA

1 Ibidem, p. 8

2 Référence au titre du roman de Marie Cardinal, Paris, Grasset, 1976

1 Voir https://oxfamilibrary.openrepository.com/bitstream/handle/10546/620599/bp-public-good-or-private-wealth-210119-fr.pdf, 21 janvier2019

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Cartographie du réseau Ficeméa

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Appel à don : Festival de théâtre en Inde

Bonjour Madame, bonjour Monsieur,

Je suis Patrick Navatte, je travaille depuis 10 ans au sein de l’asbl Miroir Vagabond, je suis responsable de notre équipe en éducation permanente. J’ai travaillé 25 ans en France auparavant dans la compagnie-école « Théâtre du fil », compagnie-école qui recevait des jeunes placés  par un juge pour enfants  pour recevoir une formation de comédien/intervenant théâtre.

Je travaille régulièrement avec  la compagnie théâtrale Indienne « Natya-chetana » depuis 1998. Je me rends régulièrement en Inde pour diriger des ateliers, co/mettre en scène avec Subodh PATANAÏK, participer à des tournées dans les villages, rencontrer les groupes de théâtre et associations avec lesquels il travaille.

Je me permets de vous écrire pour vous faire part d’un projet que je soutiens depuis plus de 20 ans et qui est depuis 2 ans extrêmement fragilisé.

Natya-Chetana organise un festival de théâtre pour les gens (Peoples theatre Festival) qui se déroule en Inde, plus précisément en Orissa, état considéré comme un des plus pauvres et des plus ruraux de l’Inde. Il se déroule dans le village théâtre à 35 KM de la capitale de l’Orissa, Bhubaneswar. Il réunit en général 14 représentations pour un public de 2500 participants environ sur  l’ensemble du festival.

Ce festival existe depuis 1991 et a été organisé vingt fois ; Chaque année est développé un fil rouge qui a pu être « Le théâtre de Rue », « Le théâtre pour enfants et plus spécialement pour les jeunes filles », « La mémoire du super cyclone » (Un cyclone en Octobre 1999 a tué en Orissa plus de 10000 personnes. Natya Chetana a dénoncé artistiquement la mauvaise gestion des forêts avoisinant la mer et sa surexploitation  par les grands industriels qui a eu pour conséquence que la mer déchainée a dévasté une plus grande surface de terre et a multiplié le nombre de décès).,« Le festival des femmes » (festival développant le leadership des femmes dans le théâtre, l’activisme social) etc. …

Malheureusement et pour la première fois de sa longue vie, le Festival a été annulé en 2018 faute de moyen. Auparavant, il était financé  principalement par des ONG ou associations européennes (Pays-Bas, l’Allemagne, la Norvège, Canada, Finlande) et plus rarement par des organisations  Indiennes ou des donateurs privés. L’Europe étant elle-même dans des difficultés financières, le financement des ONG et des associations ayant diminué, il est de plus en plus difficile pour Natya-Chetana  d’obtenir des soutiens financiers. La corruption étant très prégnante dans leur pays, il se refuse  à être financé par quelques partis politiques que ce soit, ce courage éthique  réduit leur marge de manœuvre.

Le festival qui est un des moments forts de leur année, qui reçoit des compagnies de théâtre émergeante de leur état (l’Orissa) mais aussi des troupes d’autres états de l’Inde et aussi de pays d’Asie (Chine, Bangladesh, Népal…) et une délégation étrangère des 5 continents, est remis en cause. Pour l’année 2019, ils veulent quoi qu’il se passe organisée leur Festival du 6 au 10 Avril 2019. Pour l’instant, Natya-Chetana n’a aucun subside pour cela. Un groupe théâtral du West Bengale (Kolkata) veut participer en prenant à leur compte les frais de voyage, d’hébergement et jouer gratuitement en soutien à Natya-Chetana.

Pour information, Natya-Chetana est membre de deux organisations internationales, La FICEMEA (Fédération Internationale des Centres d’ Entrainements aux Méthodes d’Education  Active) et IDEA (International Drama Education Association)

C’est pourquoi, dans l’urgence, je lance pour la première fois de ma vie, à titre personnel,   une campagne de soutien par un don possible pour que puisse se réaliser le Festival 2019. Le Festival coûte normalement environ 15000 Euros mais si déjà, nous pouvons réunir ne serait-ce qu’un cinquième de cette somme, Natya-Chetana sera très content de ce soutien et pourra organiser plus sereinement un festival même de plus petite facture.

J’en appelle modestement  à votre intérêt pour l’éducation artistique, pour le théâtre, pour l’éducation,  à votre conviction que l’entraide et la solidarité internationale, nationale, locale peut être une réponse au repli sur soi et à l’individualisation de nos sociétés.

Concrètement, vous pouvez faire un don de 5, 10, 100, 1000, un millions d’Euros ( J) sur le compte : BE75 0004 5235 4951 (compte créé pour la circonstance). En indiquant comme communication, votre nom, la phrase « don pour Natya-Chetana » et votre mail (qui me permettra de vous informer de la somme récoltée au final).

Je m’engage à vous faire un compte-rendu du Festival avec photo et petit texte car je serai présent au Festival 2019 (J’ai déjà mon billet et mon visa).

Toute personne voulant venir au Festival 2020 est la bienvenue et je peux l’aider à organiser sa venue. Le logement et la nourriture sont pris en charge.

Je vous remercie de l’attention que vous m’avez porté, je vous envoie en pièce jointe un petit dossier sur Natya-Chetana et le festival.

Si vous voulez plus de renseignements, je vous joins les différents sites consultables des organisations dont je vous ai parlé dans mon appel et aussi mon mail et mon téléphone si vous voulez plus de précisions de vive voix.

J’espère à très bientôt.

Vous pouvez me joindre pour tout renseignement supplémentaire, toutes questions :

Patrick Navatte 0495317283

pnavatte@gmail.com

site que vous pouvez consulter :

http://www.natyachetana.in

https://ideadrama.org/

Ficeméa

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Commissions régionales Afrique et Océan indien

 

 

 

Du 1er au 8 Août 2018 s’est tenu le forum régional Afrique. Ce temps fort a permis de réunir 31 personnes originaires de 11 pays du Maghreb, de l’Afrique de l’ouest et central. Un mois plus tard, les associations de l’Océan Indien se sont réunies du 1er au 9 septembre 2018 aux Seychelles. Elle a accueilli 7 associations de la région et la participation de deux nouvelles associations : Natya Chetana de l’Inde et MAEECHA des Comores.

Les deux commissions ont poursuivi les cinq axes de travail entamés à Namur lors de l’Agora Internationale :

  • Les parcours de militant.e.s au sein du réseau
  • La recherche-action en collaboration avec le laboratoire de recherche RTA
  • La communication égalitaire
  • La cartographie du réseau
  • Les pratiques pédagogiques et le numérique

Suite aux temps de travail sur les cinq axes de travail, ces forums ont également abouti à identifier différents projets.

Le forum Afrique a proposé différentes pistes de travail pour les prochaines années : la création d’un village de l’éducation nouvelle pour et par les jeunes des associations membres de la Ficeméa sous la forme d’une colonie de vacances; une formation autour de la gestion de cycle de projet ; et en 2021 à Dakar, pour le centenaire de la création de La ligue internationale de l’Éducation nouvelle, l’idée est d’organiser un Forum des actrices et acteurs de l’Éducation Nouvelle en Afrique « les défis de l’engagement citoyen et politique en Afrique ».

Le forum de l’Océan Indien a également permis de participer au premier festival du Film d’éducation des Seychelles organisé par l’Association Seychelloise pour la Jeunesse et l’Animation.

Ceci nous a permis de découvrir des courts-métrages réalisés, au cours de l’année, par les jeunes seychellois.e.s. Les thématiques abordées portaient sur les questions du harcèlement, de la prostitution ou encore de l’éducation relative à l’environnement.

L’une des pistes envisagée est la création d’un Festival de l’Océan Indien. Il combinera un travail d’expressions artistiques par les jeunes : projection de leurs films, présentation de pièces de théâtre, animation de film-débat. Cette édition particulière du FFE marquera une rencontre intergénérationnelle autour des deux supports d’expressions choisis ici : le théâtre et le film.

 

 

Un temps de restitution sur les ondes de Radio Fi Internationale a été proposé pour clôturer la semaine.

Vous pouvez réécouter l’émission en cliquant ici.

La fin de l’année s’annonce riche grâce à l’organisation du Forum de l’Amérique du Sud et Caraïbes du 18 au 27 octobre 2018 à Montevideo en Uruguay suivi du Forum Europe qui se tiendra à Toulouse en France du 12 au 19 novembre 2018.

La suite lors de la parution de la prochaine lettre d’info en décembre 2018 !

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Publié dans Actualité, Evénements, FICEMEA